Mino-ori

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Le terme « Mino-ori » (美濃織) désigne les techniques de tissage traditionnelles de la région de Mino, correspondant à l'actuelle préfecture de Gifu. Historiquement, le Mino-ori comprenait les tissus de chanvre et de ramie (utilisés pour les vêtements de travail et d'été), et s'est ensuite développé en un centre important pour le tissage du coton et les textiles d'usage courant à motifs. La région est également associée à la production de tissus à motifs de style meisen au début du XXe siècle.

Histoire

La production textile à Mino remonte à l'époque d'Edo, lorsque les familles rurales tissaient des tissus de chanvre et de ramie pour un usage local. Avec l'expansion de la culture du coton à travers le Japon et le développement des routes commerciales à travers les villes castrales et les vallées fluviales voisines, Mino est devenu un centre de production de tissus pour vêtements de tous les jours.

À la fin de l'ère Meiji et durant l'ère Taishō, les ateliers de Mino adoptèrent les métiers à tisser mécanisés et les teintures chimiques, permettant ainsi à la région de produire des étoffes aux couleurs vives et aux motifs variés à une échelle compétitive. Certains textiles de Mino de cette époque sont classés comme étant de type Meisen, réputés pour leurs motifs audacieux et modernistes.

Matériaux

Historiquement :

  • Chanvre (麻, asa)
  • Ramie (苧麻, choma)

À partir de la fin de l'époque d'Edo :

  • Le coton est devenu la fibre dominante.

Au XXe siècle, la production comprenait également :

  • La soie et les mélanges de soie.
  • Les fils de soie dégommés de type Meisen.

Technique

Le mino-ori englobe plusieurs formes textiles :

  • Toiles de chanvre et de ramie pour les vêtements d'été.
  • Cotons à rayures et à carreaux pour les kimonos et les vêtements de travail.
  • Kasuri (ikat) utilisant des fils de chaîne ou de trame teints au préalable. Le tissage à motifs de type Meisen consiste à teindre les fils de chaîne avant le tissage.

Les textiles de la région sont généralement :

  • Durables
  • Respirants
  • Pratiques au quotidien
  • Visuellement sobres (sauf pour les motifs Meisen, qui peuvent être audacieux)

Importance culturelle

Le Mino-ori reflète la culture matérielle du quotidien au centre du Japon. Il représente :

  • L’autosuffisance des économies textiles rurales
  • L’adaptation de l’artisanat à l’évolution des matériaux et des marchés
  • Le point de rencontre entre l’artisanat traditionnel et les débuts de l’industrie textile moderne

Il fait également partie intégrante de l’identité artisanale de Mino, qui comprend le papier, la céramique et le travail du bois.

Statut moderne

Aujourd'hui, le Mino-ori est produit par :

  • Coopératives régionales et tisserands indépendants
  • Petits ateliers textiles spécialisés dans les fibres naturelles
  • Ateliers préservant les modèles Meisen pour les contextes muséaux et collectionneurs

Les applications modernes incluent :

  • Tissu kimono et haori
  • Sacs et accessoires
  • Textiles d'intérieur et art textile

Voir aussi

Références

  • 岐阜県伝統文化保存協会『美濃織の歴史と地域織物文化』岐阜, 2013.
  • 竹内美智子(M. Takeuchi)『日本の伝統織物事典』平凡社, 2014.
  • 日本民藝館編『民藝の布』日本民藝協会, 2006.